CHSS n° 4 ⁄ décembre 2020

Prévention secondaire pour personnes attirées sexuellement par les enfants

Les personnes ayant des penchants pédophiles doivent maîtriser leurs pulsions sexuelles tout au long de leur vie. La stigmatisation de ces personnes représente une pression psychologique supplémentaire qui peut augmenter le risque de passage à l’acte. C’est là qu’interviennent les offres de prévention, dont l’efficacité a fait l’objet d’un projet de recherche qui a récemment été finalisée.

Selon des méta-analyses internationales, environ 15 à 20 % des filles et près de 8 % des garçons sont victimes d’abus sexuels dans le monde ; les chiffres disponibles en Suisse sont comparables. Le fait de subir des abus sexuels engendre de grandes souffrances, et il est empiriquement bien documenté que cela augmente la probabilité de souffrir de troubles psychiques et d’atteintes à la santé générale. À l’échelle mondiale, les coûts qui en découlent pour la société représentent plusieurs milliards de francs. Par conséquent, la prévention des abus sexuels revêt une priorité manifeste sur le plan social. Il est du devoir de l’État de protéger les mineurs contre toute atteinte à leur intégrité physique, psychique et sexuelle.

Penchants sexuels vs. actes pédosexuels Le modèle motivation-facilitation utilisé pour expliquer la délinquance sexuelle décrit deux grands groupes de facteurs de risque déterminants pour la survenance d’infractions contre l’intégrité sexuelle des enfants : les facteurs motivationnels et les facteurs désinhibants. Leur présence combinée augmente le risque de passage à l’acte (Seto 2019). Parmi les facteurs désinhibants, on retrouve notamment un caractère antisocial d’ordre général ainsi que des facteurs variables à court terme tels que l’alcoolisation. L’attirance sexuelle pour les enfants, qui, selon les estimations internationales, se situe autour de 1 % dans la population générale masculine, constitue l’un des nombreux facteurs motivationnels qui accroissent le risque de commettre une infraction pédosexuelle. Néanmoins, sans la présence d’autres facteurs de risque, le passage à l’acte n’a pas nécessairement lieu. Près de 60 % de ces infractions sont commises par des personnes qui ne sont pas attirées sexuellement par les enfants. En d’autres termes, toutes les personnes qui se rendent coupables d’actes pédosexuels ne sont pas attirées par les enfants (penchants pédophiles) ou les adolescents (penchants hébéphiles), et toutes les personnes ayant de tels penchants ne portent pas atteinte à l’intégrité sexuelle d’enfants ou d’adolescents. On suppose que l’attirance sexuelle soit une caractéristique immuable, mais que le comportement sexuel puisse être fondamentalement contrôlé. Toutefois, étant donné que le public et une partie des spécialistes du domaine ont tendance à surestimer le lien de causalité entre l’attirance sexuelle pour les enfants et le fait de porter atteinte à l’intégrité sexuelle de ces derniers, les personnes attirées sexuellement par les enfants et les adolescents font partie des groupes les plus stigmatisés au sein de la société. Cette stigmatisation occasionne une forte pression psychologique chez les personnes concernées, qui peut constituer à son tour un facteur de risque indirect pour passer à l’acte (Jahnke et al. 2015).

Prévention secondaire et mandat de re­cherche Les mesures de prévention secondaire s’adressent aux personnes attirées sexuellement par les enfants ou les adolescents, et qui en souffrent ou qui craignent de passer à l’acte à un moment donné. En raison de leur souffrance, ces personnes s’intéressent souvent spontanément à un conseil ou à un traitement. Elles constituent ainsi un groupe cible relativement facile à atteindre, car intrinsèquement motivé à participer à des mesures de prévention. Dans ce contexte, la concentration des efforts de prévention sur ce groupe cible semble plausible. Par contre, les potentiels délinquants sexuels sans penchants pédophiles ou hébéphiles, mais présentant un caractère antisocial marqué sont, en raison de leur absence de souffrance, plus difficiles à motiver pour bénéficier d’offres de prévention.

L’art. 7 de la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (convention de Lanzarote, RS 0.311.40), entrée en vigueur le 1er juillet 2014 pour la Suisse, oblige les États parties à veiller à ce que les personnes qui craignent de commettre une infraction établie conformément à ladite convention puissent accéder à des mesures d’intervention preventives et efficaces destinées à réduire les risques de passage à l’acte. Le présent texte résume les principaux résultats et les recommandations d’une étude commandée par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) (Niehaus et al. 2020). Celle-ci avait pour tâche de fournir une vue d’ensemble des offres de prévention en Suisse et à l’étranger, de rassembler les connaissances scientifiques concernant leur efficacité et de présenter le rôle et l’impact des interventions des thérapeutes installés en cabinet. À cette fin, les chercheurs ont identifié les offres de prévention en procédant à une recherche systématique sur Internet et à une revue de la littérature, et ils ont collecté les connaissances concernant l’efficacité de ces offres. Ils ont en outre réalisé quinze entretiens qualitatifs avec des experts suisses et étrangers et mené une enquête en ligne auprès de 427 psychiatres, psychothérapeutes et sexologues exerçant en Suisse. Cette enquête a permis de recueillir des informations sur leurs connaissances, leurs expériences, leur attitude et leur disposition à traiter le groupe cible.

Efficacité des offres de prévention 
se­condaire Il existe deux types d’offres de prévention secondaire destinées aux personnes attirées sexuellement par les enfants ou les adolescents : celles qui ont une fonction exclusivement consultative et redirigent vers des spécialistes les personnes qui souhaitent suivre un traitement, et celles qui prévoient un traitement thérapeutique direct. Bien que ces deux formes de prévention secondaire présentent un haut degré de validité apparente – c’est-à-dire qu’elles semblent valables, car elles paraissent plausibles –, il n’existe à ce jour, d’un point de vue scientifique, aucune preuve empirique solide confirmant ou infirmant l’efficacité de telles offres dans la prévention des abus sexuels sur des enfants ou de la consommation de représentations pédopornographiques. Cela tient principalement au fait qu’une telle preuve est difficile à recueillir sur le plan méthodologique, en particulier auprès des personnes qui présentent un faible risque de passage à l’acte (en quête d’un traitement, elles sont conscientes de leur problème et intrinsèquement motivées à ne pas commettre d’abus sexuels). Néanmoins, les résultats des enquêtes évaluant les taux d’utilisation d’offres proposées à l’étranger montrent qu’il y a un besoin tant de permanences téléphoniques telles que « Stop it Now ! » que d’une l’offre de traitement complète telle que « Kein Täter werden » proposée en Allemagne. De plus, il s’impose sur le plan éthique de proposer aux personnes qui souhaitent se faire aider des offres susceptibles de soulager leur souffrance psychologique. Par conséquent, en dépit des difficultés méthodologiques, il sera nécessaire à l’avenir, pour des raisons tant de sécurité que d’éthique, de soumettre les traitements de prévention secondaire à un examen empirique rigoureux approprié, afin de pouvoir corroborer leur efficacité et exclure tout éventuel effet négatif.

À quoi doivent s’attendre les personnes intéressées pour suivre un traitement ? Sur la base des résultats disponibles, on peut supposer que les personnes attirées sexuellement par les enfants et les adolescents ont un besoin accru de conseil et de traitement en raison du stress causé par la stigmatisation. Comme elles ne peuvent pas toujours s’adresser directement à des services de prévention spécialisés, il leur arrive souvent de consulter des professionnels de la santé établis en cabinet. Ces derniers jouent donc un rôle central dans la prévention. Des enquêtes internationales réalisées auprès de personnes concernées indiquent toutefois qu’il est très difficile pour elles de trouver un thérapeute qualifié, car les thérapeutes éprouvent eux aussi souvent de forts ressentiments à l’égard des personnes attirées sexuellement par les enfants et les adolescents, et sont par conséquent peu disposés à les traiter. Par ailleurs, toujours selon ces enquêtes, les personnes attirées sexuellement par les enfants et les adolescents rapportent une incompatibilité entre leurs propres besoins et les buts thérapeutiques des soignants : si elles recherchent surtout de l’aide pour mieux gérer les conséquences au quotidien de de leur penchants sexuels stigmatisants, les soignants semblent plutôt avoir pour objectif de réduire le risque que leurs patients passent à l’acte. De ce fait, seule une moitié d’entre elles estiment que l’aide professionnelle à laquelle elles ont eu recours leur a été utile. En raison de la stigmatisation qu’elles ressentent de la part des thérapeutes et du fait que les thérapies se concentrent sur les risques, les personnes qui seraient en soi prêtes à suivre un traitement éprouvent certaines réticences à exposer leur problème à un professionnel. Cette situation peut entraîner une détérioration de la santé psychique qui peut, à son tour, augmenter le risque d’un passage à l’acte.

Les résultats de l’enquête montrent que les thérapeutes suisses aussi ont, d’une part, beaucoup d’incertitudes et peu d’expérience avec les personnes attirées sexuellement par les enfants et, d’autre part, de forts ressentiments envers celles-ci. Ces attitudes stigmatisantes du côté du personnel soignant représentent un obstacle substantiel au traitement. Parmi les thérapeutes interrogés dans l’ensemble de la Suisse, 58 % ont indiqué n’avoir jamais traité de personne avec des penchants pédophiles, tandis que 14 % ont affirmé en avoir traité une seule. Trois quarts des thérapeutes ont déclaré que, s’ils étaient sollicités, ils avaient l’intention d’orienter les personnes attirées sexuellement par les enfants vers un spécialiste de la question, mais un cinquième à un sixième ont admis ne pas en connaître. Près de 85 % des professionnels interrogés ont par ailleurs affirmé n’avoir suivi aucune formation spécifique dans ce domaine. Les thérapeutes qui avaient acquis des connaissances spécifiques l’ont fait principalement dans le cadre de supervisions et par auto-apprentissage, et non dans le cadre de leur formation de base ou de leur formation postgrade. Dans l’ensemble, la disposition des thérapeutes à traiter des personnes attirées sexuellement par les enfants peut être qualifiée de très faible. Parmi les thérapeutes qui ont participé à l’enquête, seuls 15 % sont clairement disposés à traiter des personnes non délinquantes ayant cette attirance, et ils ne sont que 9 % à l’être pour des personnes qui déclarent avoir déjà commis un abus. On constate une forte corrélation entre les attitudes stigmatisantes – par ex. la volonté de se distancier socialement des personnes attirées sexuellement par les enfants ou de les voir condamnées – et les réticences des thérapeutes à traiter ces personnes. Ces constats invitent à penser que les personnes ayant des penchants pédophiles ont des difficultés, en Suisse aussi, à trouver des thérapeutes prêts à les traiter. C’est ce que confirment les affirmations des experts interrogés pour cette étude.

Nécessité d’agir en Suisse La Suisse se conformerait à la convention de Lanzarote :

a) si les personnes ayant des penchants pédophiles ou hébéphiles et qui souhaitent se faire aider savaient à qui pouvoir s’adresser pour en parler ;

b) si les professionnels à qui elles s’adressent disposaient des connaissances nécessaires en la matière et étaient prêts à les prendre en charge, et

c) si ces professionnels recouraient à des méthodes d’intervention efficaces.

Les résultats de l’étude montrent clairement qu’à l’heure actuelle, la Suisse ne satisfait pas à ces exigences – que les offres de conseil soient assorties ou non d’une option de traitement (voir tableau T1).

Conseil et traitment destinés aux personnes attirées sexuellement par les enfants T1

Région linguistique Offre Organisation / site Internet
Suisse alémanique Possibilité de traitement Forio :
www.keinmissbrauch.chk
Cliniques psychiatriques universitaires de Bâle :
www.upk.ch > Abklärungs- und Behandlungsangebot für Menschen mit Abweichung der sexuellen Orientierung (PDF en allemand)k
Suisse romande Conseil Association DIS NO :
www.disno.chk
Possibilité de traitement Hôpitaux Universitaires de Genève :
www.hug.ch > Consultation de sexologiek
Centre hospitalier universitaire vaudois :
www.chuv.ch > Consultation Claude Balierk
Tessin Conseil Associazione io-NO! :
www.io-no.ch

Source : Niehaus et al. 2020.

En matière de conseil sans option de traitement, l’offre romande « DIS NO » paraît relativement bien positionnée par rapport aux offres proposées à l’étranger et aux conditions recommandées (anonymat, gratuité, adaptation aux groupes cibles, communication explicite à l’adresse des jeunes concernés). Au Tessin, une offre similaire (« io NO ») est en train d’être mise en place sur le modèle de « DIS NO ». Il n’en existe toutefois pas en Suisse alémanique.

Il s’avère aussi que les offres de conseil ont du mal à trouver des thérapeutes qualifiés et disposés à traiter ce groupe cible vers lesquels ils pourraient rediriger les personnes qui souhaitent être traitées. L’enquête réalisée auprès des psychiatres, psychologues et sexologues établis en Suisse a également montré que la plupart d’entre eux n’étaient que peu disposés à traiter des personnes présentant cette problématique, estimant ne pas disposer des compétences ou des qualifications nécessaires et ne pas être certains du cadre juridique dans lequel ils évolueraient.

En Suisse, il n’existe pas d’offre de traitement structurée qui soit active dans toutes les régions linguistiques et destinée aux personnes attirées sexuellement par les enfants ou les adolescents (voir tableau T1). Les offres qui existent sont des initiatives individuelles et, à l’exception d’une seule en Suisse alémanique, les thérapies proposées sont peu spécifiques – et leurs prestataires ne sont pas réunis au sein d’un réseau global. En outre, il n’existe pas de normes procédurales communes concernant les groupes cibles, les conditions-cadres du traitement, l’anonymat et l’information des autorités concernées, et il n’existe pas non plus de coordination des offres sur le plan national. Aucune des offres suisses de prévention n’a fait à ce jour l’objet d’une évaluation scientifique, et une partie d’entre elles n’est que difficilement repérable, faute de mesures pour les faire connaître au grand public.

Toutes les offres avec option de traitement sont conçues selon une approche théorique visant essentiellement les auteurs d’infractions, ce qui risque de diminuer la motivation à participer à ces offres pour les personnes attirées sexuellement par les enfants qui ne sont jamais passées à l’acte. Les thérapies ont pour but premier de prévenir de futures infractions et sont peu axées sur la souffrance des personnes concernées. Une seule offre vise explicitement les adolescents comme groupe cible principal. Au Tessin, il n’existe pour l’instant aucune offre de prévention avec option de traitement direct. Alors qu’il est indispensable, l’anonymat n’est garanti dans aucune des offres de traitement. En Suisse, seules les personnes qui en ont les moyens peuvent préserver leur anonymat en supportant elles-mêmes les frais d’une offre.

Mesures visant à combler les lacunes de l’offre de conseil et de traitement

En Suisse, les offres de conseil et de traitement destinées aux personnes attirées sexuellement par les enfants comportent des lacunes. Tel est le constat que dresse le Conseil fédéral dans son rapport à ce sujet adopté le 11 septembre 2020. Le Conseil fédéral est prêt à subventionner une offre de conseil dans toutes les régions linguistiques et à soutenir la coordination de l’offre à l’échelle du pays. En collaboration avec l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue, les associations professionnelles responsables de la formation continue et postgrade des psychologues et les sociétés médicales, il faut également examiner comment encore mieux intégrer dans la formation postgrade et continue des professionnels de la santé les thèmes de la pédophilie, de la stigmatisation des personnes concernées et de la prévention des atteintes à l’intégrité sexuelle des enfants. Par contre, c’est aux cantons qu’il incombe de mettre en place une offre de traitement suffisante.

Que faut-il faire ? Pour combler efficacement ces lacunes, il faudrait mettre sur pied dans toutes les régions linguistiques une offre de conseil et de traitement structurée coordonnée avec les centres de traitement régionaux par la Confédération. Sachant qu’il existe des besoins et des profils de risque très divers, nous recommandons des modules thérapeutiques spécifiques pour les différents groupes cibles (p. ex. les jeunes, les personnes présentant un retard mental). Il convient également d’éviter de réunir dans les mêmes groupes thérapeutiques les personnes traitées sur décision de justice et celles qui ne sont pas enregistrées comme délinquantes. L’offre Forio ne fait actuellement pas cette distinction ; or, un traitement dispensé dans ces conditions peut avoir des effets négatifs sur les personnes qui présentent un faible risque initial de passage à l’acte. Les formes de traitement devraient être coordonnées au sein du réseau des offres régionales, et des conditions-cadres bien définies devraient être appliquées partout de la même manière (p. ex. conditions d’admission, procédure en cas d’infraction avouée ou de risque de passage à l’acte, assurance-qualité). Elles devraient relever davantage de l’approche clinique que de celle fondée sur la médecine légale. Les caisses-maladie devraient prendre en charge les frais de traitement, et il importe que l’offre de traitement soit accessible de manière anonyme, sans quoi elle n’atteindra pas les personnes à faible revenu, et en particulier les jeunes. La Suisse alémanique devrait se doter, comme les autres régions linguistiques, d’une permanence téléphonique dispensant un conseil anonyme, gratuit et accessible depuis tous les réseaux téléphoniques permettant d’orienter les personnes vers les services adaptés. Pour faire connaître les offres de prévention, il est recommandé que la Confédération organise auprès du public une campagne médiatique efficace qui prévienne également la stigmatisation.

Pour garantir un suivi scientifique de ces offres de traitement, un centre d’évaluation centralisé, indépendant et mandaté par la Confédération devrait se charger de recenser systématiquement par voie électronique les données de traitement anonymisées, de les archiver et de les analyser. Cela permettrait de réunir les conditions nécessaires, notamment en termes de volume de données, pour procéder à une analyse significative des effets de la prévention. En raison des forts préjugés nourris par la population, il paraît peu réaliste de compter sur des donateurs privés tant que les organisations devront craindre un dégât d’image pour avoir soutenu des mesures de prévention de ce type. De ce fait, il faut prévoir un financement incitatif de la Confédération et des cantons.

Enfin, il faudrait veiller à ce que les thérapeutes et autres spécialistes de la santé établis en cabinet disposent des connaissances de base en matière de pédophilie pour être à même de reconnaître des situations problématiques, d’avoir des contacts adéquats avec les personnes concernées et de pouvoir les orienter vers des spécialistes appropriés. À cet effet, il serait nécessaire d’intégrer ce thème dans le cursus et dans les programmes de formation prégrade et de formation continue. Les thérapeutes disposés à se spécialiser dans le traitement des personnes concernées devraient disposer d’une formation thérapeutique reconnue et d’une formation postgrade spécifique qui leur permettraient non seulement d’acquérir des connaissances spécifiques, mais également de prendre conscience que la stigmatisation réduit la disposition au traitement – aussi bien chez les thérapeutes que chez les personnes concernées – et de réfléchir intensément, dans ce contexte, à leurs propres tendances à la stigmatisation.

Une chose est claire : une société qui stigmatise les personnes ayant des penchants pédophiles en assimilant l’attirance sexuelle pour les enfants à la délinquance se prive de la possibilité de réduire le risque d’abus sexuels sur les enfants.